Introduction
Environ tous les deux ans, suite à une décision du gouvernement concernant l'enseignement supérieur, les étudiants ou la jeunesse, des mouvements naissent dans nos Universités. Ces mouvements débutent toujours par l'organisation d'une simple Assemblé Générale, dite A.G., réunissant souvent une cinquantaine de personne, dont une vingtaine d'étudiants engagées, sensiblement les même années après années, quelques syndicalistes et une poignée de curieux. Si cette première réunion ne décide pas de grand-chose, elle va bientôt grandir et sera suivie de beaucoup d'autres qui organiseront concrètement le mouvement. Et ces Assemblées pourront alors délibérer sur la constitution d'un comité de grève, l'élection de représentant à la coordination nationale, le contenu de la plate-forme de revendication, l'organisation des manifestations et opérations locales ou le blocage par occupation de bâtiments universitaires.
Les meneurs d'un tel mouvement forment un groupe très hétérogène que nous appellerons « les organisateurs ». S'il apparaît rapidement que de fortes dissensions existent au sein de ce groupe, il faut garder à l'esprit qu'au fur et à mesure de l'évolution de la situation, ses membres seront amenés à changer, lentement, mais inexorablement.
Nous allons, au travers des cinq chapitres qui vont suivre, décortiquer, l'évolution de cette instance, son fonctionnement, les différents courants qui la traversent et la manière dont elle est perçue par les différents types d'étudiant qui vont s'y confronter. Après une mise au point sur son périmètre de légitimité, sujet fortement polémique, nous allons suivre les différentes mutations que cette Assemblée va subir au fur et à mesure que nous avancerons dans les multiples étapes typiques d'un mouvement étudiant. De sa première réunion en petit comité, aux mécanismes qui vont entraîner sa radicalisation, puis le vote de la grève par le blocage ou encore ses divisions en plus petites entités avant leur re-fusion, et enfin, sa petite mort, nous allons balayer tout le cycle de vie d'un mouvement étudiant au travers de ses Assemblées Générales. Nous nous poserons enfin, dans le sixième et dernier chapitre, un certain nombre de questions plus idéologiques, notamment sur la pertinence d'un tel modèle pour les mouvements étudiants.
Et pour tous ceux que ces propos auraient énervé, interrogé ou, au contraire, ceux pour qui ils trouveraient une certaine résonance avec leurs propres expériences, un espace de libre expression vous est proposé au terme de cette lecture.